
Patrimoine et histoire en Pays d’Oc
Henri Barthès, 2025.
Dans les pas du Camel, ce charitable animal totémique de Béziers, l’ouvrage permet de revisiter un patrimoine languedocien emblématique dans un temps long rythmé par des recherches diplomatiques et philologiques qui croisent les vicissitudes tant de l’histoire littéraire que des luttes politiques et des affrontements idéologiques pour assurer le maintien de l’ordre public. Au fil des luttes menées par les pouvoirs, romain ou féodal, contre les hérésies, arienne, albigeoise ou vaudoise, on découvre avec le Bréviaire d’Amour, encyclopédie en langue romane du biterrois Maffre Ermengaud, comment ce poème moderne, destiné à tous les publics, brave l’orthodoxie et initie les lecteurs au droit des gens, de la Nature, à la logique naturelle de l’amour humain, au prisme d’un traité de Dieu et de la Création et comment ce best-seller du XIIIe siècle a fait un grand retour au XIXe et dans la recherche internationale des XXe et XXIe siècles. Une longue marche de la connaissance que jalonnent parallèlement, au-delà du Biterrois, les arcanes du christianisme des conciles anti-ariens à Vatican II.

Peut-on changer l’histoire ? L’histoire alternative dans l’Uchronie de Charles Renouvier
Monique Clavel-Lévêque, Laure Lévêque, 2025.
Le récit uchronique, genre aujourd’hui très en faveur dans toutes les littératures du globe, tire son origine de l’unique texte de fiction écrit par le philosophe Charles Renouvier : l’Uchronie (l’utopie dans l’histoire), esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être. Publié en deux temps, en 1857 et en 1876, le texte, souvent cité pour avoir consacré l’invention du terme uchronie, mais rarement lu, est inséparable d’une conjoncture qui, des lendemains de 1848 au coup de force du Deux Décembre et aux débuts contrariés de la Troisième République, est vécue comme celle des occasions manquées. À l’heure où, désespérante, l’Histoire se referme, l’Uchronie s’emploie à lever les blocages qui la grèvent, forte d’une histoire alternative où d’heureuses bifurcations – des temps qui auraient pu être aux temps qui pourraient être – rouvrent l’avenir. Car si Renouvier use de Rome pour interroger les utopies avortées qui ont jalonné le XIXe siècle, c’est très au-delà, jusque dans notre propre modernité, que son Uchronie invite à penser les futurs possibles. Revisitant le passé pour rouvrir l’avenir, l’uchronie – aujourd’hui partie intégrante de tout un champ des études historiques qui mobilise le pouvoir heuristique de l’histoire contrefactuelle –, du fait de son refus des logiques unilatérales et de la dictature du fait accompli, se trouve confirmée dans ses capacités à penser le monde.
Pouvoirs du what if ? dont cet essai s’attache à suivre l’efficacité en dépliant le système hypothétique qui fonde les futuribles pour en restituer les incidences, philosophiques comme socio-politiques.

La Méditerranée terre de liens
Cécile Bastidon-Gilles, Sandra Gorgievski, Sara Izzo, Marcella Leopizzi, Laure Lévêque et Valérie Michel-Fauré, 2025.
Les contributions ici rassemblées couvrent sept siècles d’Histoire, du quatorzième au vingt-et-unième siècle ; un espace géographique allant de la France au Maroc et de l’Espagne au Liban ; et sept disciplines principales, de l’Océanographie à l’Histoire et l’Économie, de la Philosophie et du Droit aux Arts et Lettres. Elles appréhendent la Méditerranée terre de liens à partir de trois perspectives spécifiques. La première, consacrée aux « Flux, reflux, circumnavigations : un bassin en partage », a pour objet la construction de l’espace méditerranéen naturel et institutionnel par la diffusion des événements des chocs et des transitions écologiques, religieux, juridiques et économiques. La deuxième perspective adoptée, intitulée « Topologies méditerranéennes : habiter en Méditerranée », explore des topologies méditerranéennes spécifiques, qui ne sont jamais sans rapport non plus avec l’environnement naturel et institutionnel, régional et global, dans lequel elles sont inscrites. Enfin, la troisième et dernière perspective, consacrée aux « Typologies méditerranéennes : créer en Méditerranée », suit les traces des connectivités méditerranéennes de la création. Tracées par les courants artistiques, bi-directionnelles du culturel au naturel et du présent à l’histoire jusqu’à l’Antiquité, et finalement subsumées au présent par la méta-création, ces connectivités restituent l’écho de la stratification des topologies méditerranéennes et fournissent une lecture propre de leur dissociation.

Patrimoine(s) et territoire(s)
Véronique Fumaroli, Laure Lévêque, Valérie Michel-FauréLévêque, 2025.
S’inscrivant au cœur des débats actuels sur le devenir des territoires, affrontés à des enjeux économiques qui ont affecté les cadres et les modes de vie, cet ouvrage aborde les nouveaux équilibres territoriaux qui ont engagé la définition des espaces « rurbains » et « périurbains ». Les contributions ici réunies se veulent un voyage à travers la ville, ce lieu du vivre-ensemble. Elles explorent son urbanisme gros d’une histoire vivante et souvent bousculée, des processus de concentration qui ont marqué le XIXe siècle aux préoccupations esthétiques du XXe, traversant les espaces innommés de ce qu’on a pu appeler la « France moche », si loin de la smart city à haute valeur patrimoniale. Et, de la Provence au Languedoc, sont interrogés, au fil de la balade, le devenir de nos territoires à l’aune du changement climatique, qui impose, pour préserver la biodiversité, de réexaminer les choix culturaux, les politiques de gestion, notamment des espaces sensibles – littoral maritime et zones humides –, et les voies de développement qui, face à l’essor touristique, commandent de repenser projets de préservation, protection et valorisation du patrimoine paysager, rural et urbain.

Juliette et les visages de la résistance
1944 en Biterrois
Richard Vassakos, 2024.
Dans la nuit du 6 au 7 juin 1944, un convoi de résistants est intercepté par les troupes allemandes alors qu’il monte au maquis. Cinq résistants sont tués au combat et dix-huit autres sont capturés et fusillés le lendemain dont Juliette Cauquil, seule femme du groupe. Juliette devient alors la figure emblématique de cette tragédie qui a profondément marqué la mémoire collective.
Cet essai d’histoire tente de restituer le contexte de ce drame. Qui étaient ces femmes et ces hommes ? Quelles étaient les origines de leur engagement ? Pourquoi et comment la répression s’est-elle exercée ? Comment la mémoire de ce drame s’est-elle transmise jusqu’à nous ?

Èco-culture(s) en question(s) repenser le patrimoine
L’innovation au service des territoires
Laure Lévêque, Valérie Michel-Fauré, Cécile Bastidon-Gilles, 2023.
Comment interroger les éco-culture(s) à partir du territoire et du patrimoine pour y repérer l’innovation, apprécier les formes et les lieux de son intervention et évaluer la portée de son/ses implication(s), tels sont les champs que cet ouvrage tente d’explorer collectivement.
Dans le cadre de l’arc nord-méditerranéen, en Espagne, France, Italie, Roumanie, sont abordées dans la longue durée de l’histoire comme dans les turbulences de l’actualité les mutations qui affectent inégalement les territoires – du domaine, au village, à la commune, au pays, à la région – dans les enjeux de développement.
Ont été suivis les rythmes et la diffusion des innovations, du gisement archéologique à l’entreprise, privée ou publique, coopérative ou individuelle, en mesurant les freins qui peuvent naître des rapports entre acteurs sociaux, législation, administration et contexte politique.
Au prisme de parcours singuliers, les possibilités de conjuguer économie soutenable et patrimoine, du local au global, sont analysées en Languedoc et en Ombrie, les expériences mises en oeuvre pour réinvestir le patrimoine permettent de suivre les batailles qu’il faut parfois mener, en France comme en Roumanie et en Espagne, pour préserver et valoriser sites et centres historiques et faire du patrimoine repensé un outil d’innovation pour réinventer des territoires plus harmonieusement partagés entre ceux qui y vivent et ceux qui les visitent.

LE ROUGE OU LE NOIR ?
Laure Lévêque, 2023.
« De quoi demain sera-t-il fait ? » s’interrogeait, en 1835, Victor Hugo dans des Chants du crépuscule dont on sait que le dernier terme revêtait alors un sens profondément duel, susceptible de signifier aussi bien le point du jour que le couchant. Alors, les temps étaient-ils à l’aurore ou au crépuscule ? Cet horizon indiscernable, beaucoup le scrutent aussi, cherchant à y apercevoir, comme Chateaubriand à pareille époque, » l’Avenir du monde « , un avenir passablement brouillé depuis que la Révolution française a jeté à bas des certitudes téléologiques millénaires, libérant une inquiétude eschatologique majeure, sinon sans précédent, qui agite douloureusement consciences et imaginaires.
En témoigne un foisonnant corpus de textes souvent méconnus qui entreprennent d’éclairer cet avenir dont une petite centaine, couvrant le XIX et une bonne partie du XX siècle, est ici examinée. Pris en tenaille entre les deux grandes postulations mythiques que sont le progrès et la décadence, l’avenir est préempté tantôt du côté d’une nouvelle genèse tantôt du côté d’une retentissante apocalypse, engageant, entre éternel retour, prométhéisme conquérant ou fin des temps, des régimes d’historicité pluriels et des lectures politiques qui ne le sont pas moins.
Entre béates utopies et dystopies féroces qui accouchent qui du meilleur des monde et du bon gouvernement, qui de l’enfer sur terre, du phalanstère à la caserne et à la prison, du philanthropisme au totalitarisme, de l’âge d’or au globocide, cette littérature futurologique de l’ère capitaliste est riche de ce que Walter Benjamin appelait des images dialectiques, vibrantes de tension, expressions de passages historiques qui ouvrent tant sur des lendemains qui chantent que sur les faisceaux plus sombres de l’aube dorée.

La crise dans tous ses états
Regards critiques
Laure Lévêque, Simone Visciola, Cécile Bastidon-Gilles, Delphine van Hoorebeke, 2023.
Impossible, aujourd’hui, de faire l’économie de la crise : que l’on ouvre son journal ou que l’on pousse le bouton de sa télévision, l’on est abreuvé de discours alarmistes qui agitent le spectre de la crise dans tous ses états : climatique, écologique, politique et géopolitique, économique et financière, institutionnelle, sociale, migratoire, énergétique, nucléaire…. Protéiforme, la crise est aussi omniprésente, saturant l’espace médiatique, infiltrant des consciences qui, progressivement mithridatisées, gèrent leur angoisse entre fatalisme et combativité, paralysie et commotion.
Car d’aucuns, comme Evelyne Grossman, parient sur la « créativité de la crise », assignant à cette dernière un clair pouvoir heuristique auquel en appelait, dans les années 1980, l’émission « Vive la crise ! », cultivant une ambiguïté dont, pas plus que de la crise, nous ne sommes aujourd’hui sortis si, comme Anita Staron en pose fermement le diagnostic, « le sujet est loin d’être épuisé et […] appelle de nouveaux questionnements ». C’est à un certain nombre d’entre eux que les contributions ici réunies entendent modestement apporter des éléments de réponse.

Les routes de l’information de Rome à Internet
Flux, croisées, ornières
Cécile Bastidon-Gilles, Laure Lévêque, Nicolas Huchet, Valérie Michel-Fauré, 2023.
A la croisée des routes, la connectivité est constitutive de l’espace méditerranéen et de la manière de le penser. Dans une perspective historique embrassant deux millénaires, le présent volume explore ces routes, matérielles et immatérielles, depuis l’acte fondateur de la Méditerranée institutionnelle par l’expansion des ramifications de l’Empire romain, jamais complètement effacée par la superposition des strates d’intégration et de désintégration successives ; jusqu’au développement des routes contemporaines de l’information.
Les routes sont aussi méthode. Le champ d’application des modèles de graphes est large, depuis la transmission des chocs économiques et financiers, jusqu’à la formation et au renouvellement de l’opinion dominante et aux transitions institutionnelles dont ce renouvellement s’accompagne, en passant par l’élaboration du droit. Les contributions de la première partie du présent volume offrent une perspective de la capacité de ces modèles à aborder les dynamiques méditerranéennes, qui se prêtent mal à l’abstraction d’un développement unilinéaire et cumulatif.
En même temps que méthodes, les routes, et en particulier celles inscrites dans l’histoire longue comme constitutives du patrimoine méditerranéen archéologique et architectural, sont ici sujet. Routes qu’il s’agit de révéler, au sens photographique du terme, que le passage du temps les ait effacées au regard, ou que leur visibilité toujours apparente ne suffise pas à en restituer la pleine dimension patrimoniale. En ce sens, la seconde partie du présent volume s’inscrit pleinement dans la dynamique de renouvellement des approches croisées du patrimoine et du développement local.

Un port conchylicole en Languedoc
Le Chichoulet de Vendres
Guy Diaz, Victor Petroff, 2022.
Trente ans après, en ce finistère où vinrent s’échouer les projets démesurés de gouvernants hallucinés, une poignée d’hommes et de femmes démontra contre vents et marées que l’aventure pionnière peut se vivre au présent. Au fil des pages se conjuguent le récit des péripéties et des résistances collectives, le vécu pluriel des acteurs, l’analyse de la difficile construction économique d’un rêve qui les dépassait. Et en ce Chichoulet où la mémoire reste vive de ces bâtisseurs qui, ancrés sur un passé séculaire, ont su préparer l’avenir, règne désormais une aménité de bon aloi, dans un respect de l’environnement et des hommes, conçu comme une évidence.
La double vocation du port, travail de la mer et joies de la plaisance, rejoint aujourd’hui l’idée créatrice originelle dans ce lieu où s’observe en actes la nouvelle « écologie des savoirs » chère à l’économiste écrivain Felwine Sarr pour qui « un filet de pêche peut être riche d’une certaine vision du monde ».

Pour une histologie de la crise
Laure Lévêque, Anita Staron, 2022.
L’actualité ne le démontre que trop : on n’en a jamais fini avec la crise. Une crise qui, démentant toute l’histoire de la notion, tendrait même à devenir permanente. Plus complexe aussi, et la récente pandémie de Covid-19 qui tourmente la planète aura beaucoup fait pour mettre en évidence l’interdépendance de ses facteurs déclencheurs quand, en un gigantesque effet domino, on a vu s’enchaîner crise sanitaire, crise économique et sociale, crise politique et démocratique… seule la crise écologique trouvant fugacement son compte au coup de frein mis aux échanges planétaires. Jouant comme un véritable révélateur, l’événement commande un regard critique que les 19 spécialistes qui ont contribué à ce volume se sont efforcés de porter dans les champs des sciences naturelles et de la médecine, de la philosophie, de l’histoire et de la sociologie, des sciences de l’éducation, de la littérature et des médias pour penser à nouveaux frais les questions qu’Edgar Morin soulevait voici un demi-siècle en forgeant le néologisme de « crisologie ». Crisologie que nous reprenons ici à notre compte en l’actualisant.

Les territoires de l’aménité
Philippe Gilles, Laure Lévêque, Cécile Bastidon-Gilles, Yusuf Kocoglu ,2021.
Aménité : du latin amoenitas (charme) qui signifie, à la fois, l’amabilité et la douceur dans le caractère et l’attitude de quelqu’un et, pour un lieu, son agrément. En reliant les deux termes de cette dualité, cette extension du terme d’aménité nous permet, au-delà d’une considération passive d’observation, d’en tirer une représentation satisfaisante et méthodique suivant laquelle les individus de même que notre milieu et nos ressources doivent être traités avec égard, ce qui devrait aller de soi, comme base élémentaire du respect de soi-même. Dès lors, les territoires d’aménités, lieux d’expression de celles-ci, doivent être préservés et partagés aux fins d’une transmission inter et trans générationnelle que ce soient, dans cet ouvrage, les vestiges et les monuments ; l’environnement, particulièrement maritime et singulièrement méditerranéen ; la collecte, la production et la diffusion de données ; l’urbanisme avec ses droits et ses devoirs ; ou les regards croisés de différents artistes sur notre région, la Méditerranée.

La double vie du patrimoine
La culture dans la dialectique du visible et de l’invisible
Laure Lévêque, Cécile Bastidon-Gilles, Thierry Santolini, Simone Visciol, 2021.
« L’essentiel est invisible pour les yeux », disait Saint-Exupéry. C’est un peu le postulat de départ de ce livre qui applique la formule au champ du patrimoine culturel dans ses modalités, sinon toutes immatérielles, du moins sous-jacentes. Enfouies dans le sein de la terre ou reposant au fond des mers, essaimant sur les ailes des mots, ricochant dans les arts, dans les traditions populaires, éclatant dans les fêtes, bruissant dans les marges d’un texte, gîtant dans les recoins de la mémoire, perçant dans les représentations…, c’est à ces manifestations, plus ou moins évanides mais d’une rémanence opiniâtre et que l’UNESCO a reconnues comme vecteurs d’un « sentiment d’identité et de continuité » liant populations, héritage et territoires que s’intéresse cet ouvrage.
Seize spécialistes venus d’horizons disciplinaires diversifiés lui ont apporté leur expertise et ont contribué à la réflexion, assumant dans toute sa rigueur le rôle patient du chercheur à la fois engagé dans l’interprétation scientifique des structures et dans leur appropriation par les acteurs de terrain et concourant ainsi doublement à revitaliser ce substrat identitaire que constitue, tant pour les individus que pour les sociétés, un patrimoine culturel aussi vivace que fragile, résistant à l’épreuve des siècles.

Le sens de la fête
Laure Lévêque, 2021.
Au-delà des réjouissances privées qui rythment nos vies, la fête investit massivement l’espace public. Cérémonies ritualisées, processions, défilés, commémorations, festivals… d’essence religieuse ou politique, les festivités, récurrentes ou non, scandent la vie civile, occupent l’espace et règlent le temps, profane comme sacré, à travers des éphémérides qui prennent sens à l’aune de ces célébrations. Miroir sensible d’une société, le calendrier rend compte de la représentation qu’elle a d’elle-même, qui en est aussi l’ordonnateur des valeurs civiques et comme le baromètre, dans la balance qu’il tient entre les registres spirituel et temporel comme dans les recompositions qu’il marque entre promotions et déménagements. L’histoire des fêtes livre une histoire sociale, à la fois culturelle et politique, que l’on suit ici en longue diachronie de la Grèce antique aux jeunes États-Unis, de la France à l’Espagne ou l’Italie. Entre fêtes pastorales, année liturgique, fêtes populaires, triomphes, entrées royales, fêtes civiques et nationales… c’est un très large éventail de festivités qui est ici parcouru pour offrir au lecteur la compréhension la plus fine de ce champ privilégié d’intervention du pouvoir.

JULES VERNE
Un lanceur d’alerte dans le meilleur des mondes
Laure Lévêque, 2019.
Contre une vulgate tenace qui continue de célébrer en Jules Verne le thuriféraire aveugle du progrès, cet essai s’attache à remettre sous tension l’idée d’un Verne champion irréfléchi de l’entreprise humaine. Buissonnant dans le touffu massif vernien, il y puise de quoi déconstruire une image qui doit beaucoup à la politique éditoriale d’Hetzel, désireux d’arrimer les Voyages extraordinaires aux valeurs rationalistes, positivistes et expansionnistes qui dominent, tant sous le Second Empire que sous la Troisième République, une France lancée dans l’aventure industrielle et coloniale. Sans jamais néanmoins parvenir à étouffer les voix non autorisées qui, sous l’épopée alléguée de la science et de la technique, sous la geste des surhommes, comme en sous-main, travaillent contradictoirement l’écriture de Jules Verne. C’est à cette parole occultée, symptôme et expression d’un malaise dans la civilisation que ces pages entendent redonner voix : la voix d’un Jules Verne lanceur d’alerte devant la course à l’abîme et le naufrage éthique où s’enfonce un monde toujours plus polarisé, qui n’a pour gouvernail que l’impérialisme et le capitalisme sauvages.

LA LOI DE L’ARGENT à Rome
VIè siècle – IIè siècle av. J.-C.
Claire Feuvrier-Prévotat, 2019.
À partir du VIe siècle av. J.-C., le système monétaire romain s’élabore et se développe au rythme des opérations militaires. Durant les premiers siècles de la République, le pouvoir conquiert l’Italie et impose sa domination sur les grandes puissances d’alors. L’argent, acquis au coeur de ces entreprises de guerre, transforme la société romaine. Les traces de ces bouleversements se décèlent dans les récits de Polybe et de Tite-Live, mais également dans ceux de Plaute, auteur de comédies, qui met en scène l’argent et la puissance qu’il exerce. Caton, grand homme d’Etat, analyse les dangers qui menacent la République si la corruption et le luxe se développent au détriment du bien commun..

Circulations méditerranéennes
Voies, réseaux, modèles
Laure Lévêque, Simone Visciola, Yusuf Kocoglu, Thierry Santolini, 2019.
« La Méditerranée, ce sont des routes », aimait à dire Lucien Febvre. Manière d’acter que, pour cette « mer au milieu des terres » à la confluence entre trois continents, l’élément liquide n’a rien d’un obstacle aux communications et tout d’un pont. Ce sont les conditions et les modalités de l’échange dans cet espace à la fois zone de convergence et de frictions qu’examinent les contributions ici réunies en suivant le commerce, belliqueux ou pacifique, des hommes, des esprits, des marchandises sur la longue durée d’une histoire partagée. Une histoire faite de flux, qu’atteste en diachronie la vitalité de circuits d’échanges éprouvés au fondement de la thalassocratie, mais aussi de reflux, quand l’actualité récente des mobilités indique que les biens sont mieux accueillis que les personnes, remettant en question l’héritage du Mare nostrum.

Plafonds peints médiévaux en Europe
Connaissance, conservation et restauration : méthodes et approches scientifiques
Monique Bourin, 2019.
La présente publication clôt le colloque tenu à Marseille et à Fréjus en septembre 2016.
Aux multiples communications relatées dans la présente publication, s’ajoute la visite et l’étude des plafonds peints du cloître de Fréjus, parfaite illustration de ce terrain interdisciplinaire où l’histoire, l’iconographie, les techniques architecturales, les analyses scientifiques et la force révélatrice de l’imagerie scientifique ont pu s’exprimer et apporter chacune son regard, ses compétences et ses réflexions.

2000 ANS DE GUERRES EN PAIX
Sous la direction de Laure Lévêque, 2018.
Publication du PCB, recueil des confèrences du Festival Patrimoine en Domitienne de 20014 à 2016.
Ce volume envisage sur deux millénaires une dialectique de la guerre et de la paix qui prend la forme d’une succession de conflits à peine entrecoupés de paix. Loin du bruit des armes, impuissantes à imposer la paix, les auteurs explorent ici des pistes tenant à la mémoire des conflits et plaident pour une gestion sans amnistie et sans amnésie de ces enjeux.

La République des plaques bleues
Richard Vassakos, 2018.
La scène se déroule dans un village du Biterrois en 1940-1941. La préfecture de l’Hérault demande l’enlèvement des plaques de la rue Jean Laurès. Incompréhension et stupéfaction de la municipalité : pourquoi enlever le nom de ce natif du cru, félibre, de surcroît ? En réalité, la cible était le socialiste Jean Jaurès. La quasi homophonie des deux noms avait failli coûter au poète sa place au sein du panthéon municipal. Une telle mésaventure peut paraître cocasse ; en réalité, cette bataille autour des noms de rues, les odonymes, est un aspect de l’affrontement politique et symbolique que se sont livrées droite et gauche sous la IIIe République. Le système d’hommage public urbain ne résulte pas, en effet, d’une coutume pacifique de baptême. Il est le fruit et l’instrument d’un combat politique, dont les plaques qui figurent sur nos murs sont autant de traces. À l’angle des rues du Biterrois, espace emblématique de ce Midi rouge parfois mythifié et aujourd’hui disparu, c’est un affrontement de trois quarts de siècle qui se livre et qui fera des plaques émaillées, les plaques de la République.

Le Bréviaire d’Amour
Matfre Ermengau ,2018.
Le Bréviaire d’Amour est un ouvrage de 1288 écrit par Maffre Ermengau, professeur de droit et probablement frère du tiers-ordre franciscain. C’est une immense encyclopédie du savoir à l’usage des laïcs. Dans ces écrits, on y décèle un ensemble de constatations, de pensées, de conseils, un traité de la Création (angéologie, démonologie, sciences naturelles, cosmologie, anthropologie), un traité de la Foi, un traité du droit (Devoir naturel, Droits des nations, Droits et Devoirs), un traité de l’amour entre mâles et femelles, etc. Le texte traduit par Henri Barthès comprend en un seul volume le corpus général du Bréviaire, ainsi que le Périlleux traité d’amour des dames. Cet ouvrage est considéré comme l’une des grandes œuvre du Moyen-Âge.

L’Expression du pouvoir au début de l’Empire
Autour de la Maison Carrée à Nîmes
Michel Christol, Dominique Darde, 2018.
La Maison Carrée de Nîmes exerce un réel pouvoir d’attraction, tant sur les habitants de la ville que sur les visiteurs. Ce qui fascine ? La beauté du monument, à l’architecture équilibrée et à la décoration d’une simplicité recherchée. Mais la Maison Carrée, c’est aussi le symbole du nouveau pouvoir qui s’établit à Rome à l’époque augustéenne. En 27 avant J.-C., Auguste crée un nouveau régime : le principat.
Bâti sur les décombres des guerres civiles qui l’opposèrent aux assassins de Jules César, puis à Marc Antoine et Cléopâtre, le principat maintient d’abord la fiction d’une continuité de la République romaine. Il lui faut ensuite se donner une légitimité et assurer sa pérennité, afin de survivre à son fondateur. Auguste va donc faire œuvre de propagande. Entre le centre du pouvoir et les provinces s’est mise en place une communication politique qui insiste sur la paix et l’abondance retrouvées grâce à l’action du Prince.
L’entourage d’Auguste et sa famille ont aussi leur place dans cette mise en scène, en particulier ses petits-fils : les « princes de la jeunesse » Caius et Lucius. La mort précoce de ces derniers, qu’Auguste considérait comme les continuateurs de son œuvre, et le traumatisme qu’elle engendre dans tout l’empire, suivie de leur divinisation, ont suscité un culte dynastique qui contribuera aussi à la survie du régime.
Un exemple exceptionnel est fourni par la Maison Carrée : un temple dédié aux princes de la jeunesse. En cette période où une minorité de la population seule savait lire, Auguste et ses successeurs vont inscrire, dans la pierre des monuments, un nouveau langage graphique. Mais la Maison Carrée, c’est aussi l’histoire du formidable travail d’archéologues et d’érudits, parmi lesquels Jean-François Séguier, qui déchiffra l’inscription de la façade.
A l’occasion du bimillénaire de la construction de la Maison Carrée, à l’initiative de la Ville de Nîmes et du Musée archéologique, une réflexion à plusieurs voix s’est engagée, associant historiens, archéologues, historiens de l’art et linguistes. Le bilan présenté insère la Maison Carrée dans le contexte plus large de l’Empire romain et de l’ensemble de la Gaule. Les divers chapitres abordent les formes que prend le nouveau pouvoir qui s’établit à Rome et les réalisations auxquelles donne lieu son acceptation.
L’architecture et son décor, la statuaire, les images monétaires sont interrogés sur leur capacité d’expression et de suggestion. Les textes, ceux des auteurs de l’époque, historiens ou poètes, autant que les inscriptions gravées sur les monuments publics ou dans les lieux de la vie collective éclairent aussi ces changements politiques et idéologiques. D’amples perspectives sont ainsi tracées, qui donnent à l’ouvrage un incontestable contenu historique.
En même temps la Maison Carrée, comme monument du présent, est replacée dans sa durée jusqu’à l’époque moderne, puisqu’on envisage son intégration dans les quartiers de la ville aux époques récentes et sa situation dans l’imaginaire urbain.

AUTOUR DE LA DOMITIENNE
Genèse et identité du Biterrois gallo-romain
Monique Clavel-Lévêque, 2014.
Cet ouvrage tente de repenser les rapports qui se sont formalisés dans la Domitienne, modelée par les échanges depuis la plus haute Antiquité, où ont prévalu coexistence des hommes, autochtones et migrants, reconstruction des formes d’agrégation politique et sociale,
restructuration des modes d’habitat, réaménagement du territoire et des paysages, adaptation des conditions de production et métissage des cultures, posant les bases d’une forte identité régionale.

ROME ET L’HISTOIRE
Quand le mythe fait écran
Monique Clavel-Lévêque, Laure Lévêque, 2014.
Le mythe de Rome charrie d’éternels fantasmes, qui sont exploités à Cinecittà comme à Hollywood par la féconde veine du péplum, qui
revivifie l’épopée en la représentant. « Qu’est-ce que Rome » quand l’écran s’en saisit, question lancinante qui hante les trois films ici interrogés : Spartacus, La Chute de l’Empire romain et Gladiator ?

LES VOIES DE LA CRÉATION
Musique et littérature à l’épreuve de l’histoire
Laure Lévêque, préface de Monique Clavel-Lévêque, 2013.
Entre les circuits institutionnels de la création et les chemins de traverse que les artistes empruntent pour les contourner, entre art officiel et musique populaire, ce sont ces voies qui sont explorées ici, entraînant le lecteur du prestigieux Opéra au canaille cabaret et ouvrant des pistes de réflexions transdisciplinaires.

Hommes, cultures et paysages de l’Antiquité à la période moderne
Mélanges offerts à Jean Peyras
Sous la direction de Isabelle Pimouguet-Pédarros, Monique Clavel-Levêque et Fatima Ouachour, 2013.
Cet ouvrage rend hommage à Jean Peyras, professeur d’histoire ancienne à l’université de Nantes. Il réunit une vingtaine de contributions sur des sujets divers touchant à l’histoire ancienne, médiévale et moderne. Il couvre de nombreux espaces géographiques : l’Afrique romaine, l’Asie Mineure, l’Étrurie, la Grèce et Rome, sans compter les terres du midi, la Vendée ou encore le Rhin. Les questions qui sont abordées touchent à l’organisation et à la défense des territoires (bornes, arpentage, frontières, fortifications), à l’armée, à l’architecture, à l’urbanisme et au pouvoir, aux rapports ville/campagne ou encore à la construction et à l’évolution des sociétés (peuplement, métissage, acculturations).

PATRIMOINE, IMAGES, MÉMOIRE DES PAYSAGES EUROPÉENS
Heritage, Images, Memory of European Landscapes
Sous la direction de Laure LEVEQUE, Maria Ruiz Arbol et Liliana Pop, 2010.
Paysages d’aujourd’hui / paysages d’autrefois : ce livre invite le lecteur à démêler leurs imbrications mouvantes, au cœur de grands enjeux de société dont témoigne ce patrimoine culturel que sont les paysages européens. Les 30 cas présentés font émerger la longue mémoire enfouie de l’histoire de l’Europe. L’ouvrage illustre aussi la pluralité des démarches de recherche et d’analyse, inséparables désormais des politiques de protection et de sauvegarde du patrimoine environnemental et paysager comme des pratiques de valorisation de ce bien culturel commun et non renouvelable.

En languedoc au XIIIe siècle
le temps du sac de beziers
Monique Bourin, 2010.
Le sac de Béziers : il est peu d’événements du Moyen Age qui aient eu un tel retentissement auprès de ses contemporains et peu qui aient ensuite, au fil des siècles, acquis un telle portée symbolique. Peu de villes aussi qui aient connu, au cours de leur histoire, pareilles alternances d’opulence et de malheurs.
En 1209, la Croisade des Albigeois s’ouvre par la prise de Béziers. Riche et forte parmi les autres villes languedociennes, qui aurait pu alors penser qu’elle serait prise et pillée par une armée que son immensité même fragilisait ? « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens» ! Stupeur! Ensanglantée, Béziers ne s’est plus guère rebellée. Qu’aurait été le XIII° siècle languedocien si Narbonne et Béziers avaient réalisé l’impossible cause commune ? Mais le Languedoc est multiple, une mosaïque d’intérêts divergents. Ces divergences font sa faiblesse et sa force. Car un demi-siècle plus tard, malgré sa haute noblesse terrassée, le Languedoc, et Béziers au premier plan, font preuve d’une étonnante capacité de rebond et de renouvellement.
A l’occasion du huitième centenaire de cet épisode tragique de la Croisade, un groupe de médiévistes, spécialistes des pays d’oc, l’a reconsidéré en le mettant au centre d’une histoire aussi large que nécessaire, politique, sociale, économique, culturelle, à partir de documents peu ou mal connus. De part et d’autre de cette horrible année 1209, son passé de vicomté languedocienne et son avenir intégré au royaume de France apparaissent sous des traits nouveaux.

Une histoire provinciale
La Gaule narbonnaise de la fin du IIe siècle av. J.-C. au IIIe siècle ap. J.-C.
Michel Christol, 2010.
Les trente-cinq études de ce volume, revues et mises à jour, retracent l’histoire de la Gaule méridionale, appelée d’abord Transalpine puis Narbonnaise, des premiers temps de la présence romaine aux débuts de l’Antiquité tardive et montrent les transformations d’un monde provincial sous l’empreinte de Rome. Une nouvelle géographie économique apparaît avec le déplacement des centres de gravité, de Narbonne vers la vallée du Rhône et Lyon. La romanisation de la société est autant politique que religieuse. On assiste à une intégration réussie des élites – notables issus de l’Italie et descendants des grandes familles aristocratiques indigènes – mais également à l’ascension des représentants de la société civique provinciale – le commun des détenteurs des magistratures et des sacerdoces. S’épanouit alors au cours de la seconde moitié du premier siècle av. J.-C. une culture de l’écrit qui se manifeste, en particulier par l’abondante production épigraphique, dans les lieux funéraires, les grandes demeures et les espaces publics urbains.
L’accès des grandes familles à l’ordre équestre et à l’ordre sénatorial, puis leur participation au gouvernement de l’Empire viennent concrétiser, dès le premier siècle ap. J.-C., le rapprochement entre l’Italie et cette partie de l’Empire romain, dont le destin apparaît alors comme singulier, selon l’expression de Pline l’Ancien : À la vérité, plus l’Italie qu’une province.
Cette somme érudite est appelée à devenir une œuvre de référence sur l’histoire de la Gaule narbonnaise.

Plafonds peints médiévaux
en langudedoc
Sous la direction de Philippe Bernardi et Monique Bourin 2009.
Dans le patrimoine artistique médiéval, les plafonds peints ont une place méconnue et pourtant essentielle. Ce volume qui rassemble les actes du colloque tenu à Capestang, Narbonne et Lagrasse les 21, 22 et 23 février 2008, inaugure une nouvelle étape de leur connaissance. L’étude des techniques, souvent savantes et complexes, de construction et d’assemblage des bois y rencontre l’analyse d’un corpus d’images d’une étonnante richesse thématique et chromatique. Des peintres de grand talent côtoient des imagiers plus rustiques. Dans ce domaine d’études encore peu parcouru, les codes iconographiques sont, pour une bonne part, à découvrir. Comprendre les programmes choisis par chaque commanditaire, les comparer entre eux, c’est à quoi se consacre ce volume composé d’une centaine d’images.

Atlas historique des cadastres d’Europe II
Monique Clavel-Lévêque, Orejas, Almudena, 2002.
Cet ouvrage rassemble des dossiers d’étude de cas d’aménagements réguliers construits dans l’Antiquité. Il réunit des expériences sélectionnées dans huit pays, situés en majorité en Europe du Sud sans oublier le nord européen. Il prend en compte la diffusion, dans l’espace et dans le temps, du modèle constitué par ces paysages de colonisation qui marquent toujours les campagnes. Des dossiers méthodologiques précisent et illustrent la diversité des approches et des outils mis en œuvre : épigraphie, géoarchéologie, géomorphologie, photo-interprétation, SIG. Ils ouvrent aussi des voies pour la valorisation de ce patrimoine original, dans le cadre d’un développement durable et d’un nouveau tourisme culturel.

Études historiques sur la langue occitane
Henri Barthes, 1987.
Une étude essentiellement historique qui apporte des éléments nouveaux et inédits dans l’histoire de la langue et littérature d’Oc.
Origines – Racines – Protagonistes – Fondements idéologiques et pratiques.

Histoire de Corneilhan
Tome premier
Henri Barthes, 1980.
L’Antiquité, Sainte Céronne, la Féodalité. Résultats de la fouille d’un four de potier gallo-romain, 1973 et 1974. Inventaires divers par M. et Mme André Azaïs







