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La Voie Domitienne : Une voie en puissant remblai

Photo vue aérienne du chantier de fouilles de la Voie Domitienne
Vue aérienne du chantier de fouille de la Voie Domitienne

Depuis 2006 le chantier de fouille ouvert chaque été, n’a cessé de prendre de l’ampleur. L’objectif initial était de retrouver le tracé antique de la voie romaine sur le territoire de la Domitienne où on fait généralement coïncider son tracé théorique avec la route actuelle, chemin de Poilhes à Colombiers.

Si l’orientation générale des deux axes est bien relativement proche, les résultats obtenus par le Parc, notamment avec l’équipe de fouilleurs de l’université de Pérouse ont mis au jour en 2009 et 2010, un tronçon qui a permis de préciser le profil et l’allure de la voie romaine au pied de l’oppidum celtibère d’Ensérune, à proximité immédiate de la voie protohistorique retrouvée en 2007.

Confrontée à de sévères contraintes d’écoulement de l’eau au pied du col, la circulation s’est déplacée vers le sud dans les années 70 avant notre ère. Mais la nouvelle route républicaine, munie d’un trottoir, a connu, un siècle plus tard, une réfection d’envergure. Rehaussée d’un mètre, son emprise s’est élargit à 40 pieds (12 m), avec une puissante chaussée, solidement damée et doublée, au nord, d’une allée cavalière et d’un portique, au sud.

Photo de visite de fouilles de la Voie Domitienne
Visite du public sur le chantier de fouille de la Voie Domitienne

Le public convié le 2 juillet à une journée « portes ouvertes » a pu admirer là, la puissance de la voie romaine et circulet sur la chaussé en fort remblai. La voie domine d’environ un mètre la paysage alentour avec ses deux éléments : une large chaussée de 6 mètres, soutenue par un mur bordier, et une allée cavalière au nord qu’empruntaient piétons, cavaliers, troupeaux.

Un complexe bordier

Les données archéologiques réunies permettent aujourd’hui de localiser un complexe routier antique, qui semble s’être développé là assez tôt ( peut-être dès le Ier siècle avant notre ère) et se prolongé pendant plusieurs siècles jusqu’au IIIème s. de notre ére au moins.Sous l’Empire, aux Ier-IIe siècles, de nouveaux bâtiments monumentalisent progressivement le secteur, répondant sans doute à de nouvelles activités, peut-être autour d’un relais dont la fonction doit être précisée.Au Moyen-âge, les matériaux sont récupérés dans un complexe bordier radicalement différent.

Photo remplissage d'un four sur la Voie Domitienne
Remplissage du four – juillet 2010 -F.Diosono

Au terme de toutes les études complémentaire du matériel nous pouvons affirmer avec certitude, grâce à la découverte de nombreux fragments de vaisselle de cuisine et de table, d’amphores, de nombreux matériaux de construction – tuiles, mortier et enduits peints, clous et tiges de fer –, provenant de structures bâties, qu’un un complexe bordier s’est implanté sur le site. L’équipe d’archéologues italiens, de l’Université de Pérouse, a pu déterminer qu’il s’était développé dès le Ier siècle avant notre ère, et la présence d’un four de forgeron, daté de cette même époque, indique que le bord de voie a abrité un temps une fonction artisanale.

Par la suite, ce complexe semble avoir changé de nature, comme l’indique la tombe, d’une jeune femme à priori, que nous avons mise au jour, et la réutilisation du four de forgeron à des fins votives. Cependant il n’est pas possible, actuellement, de préciser davantage la nature et la durée de cet ensemble, d’autant que la circulation et la vie se sont prolongées là pendant des siècles.

Itinéraire de la Voie Domitienne.

La re-découverte de la villa de Vivios, systématiquement revisitée (juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre avec les élus et Amis de Lespignan, par André Lopez-Moncet, Jean-Claude Rieux, Monique Clavel-Lévêque) bénéficie d’un plan déjà plus précis. Les activités du site semblent plus complexes qu’on ne croyait et pourraient être liées à l’exploitation à la fois des carrières et des coquillages, retrouvés en abondance.

Photo de valves de Flexopecten glaber (Bivalves, Pectinidae), à gauche in situ dans le dépotoir, à droite isolées (face externe). Dépotoir, villa gallo-romaine de Vivios
Valves de Flexopecten glaber (Bivalves, Pectinidae), à gauche in situ dans le dépotoir, à droite isolées (face externe). Dépotoir, villa gallo-romaine de Vivios

Le nom de la Villa de Vivios

Détermination du nom gallo-romain de Vivios/Vibianum d’après les compoix (cadastres médiévaux) et épigraphie latine du Biterrois.

Photo d'un extrait de registre mentionnant le nom de Vivios
Compoix utilisé pour déterminer le nom de Vivios
Photo de l'ephedra
L’ephedra marque les anciens rivages maritimes

Recherche du tracé du littoral ancien


La recherche du tracé du littoral ancien se poursuit activement sur les traces de l’ephedra, le « raisin de mer », marqueur majeur, en suivant André Lopez-Moncet.

Photo du site La Villa Temple de Vénus


Le temple de Vénus à Vendres est un site archéologique situé dans la commune de Vendres, près de l’étang de Vendres, à proximité de la Méditerranée.


Le nom de la commune de Vendres affiche les racines antiques du village avec le patronage de Vénus qui situe d’emblée ses origines entre l’histoire et la légende.


A la fin du Xe siècle, est connue une villa Veneris et c’est au XIIe qu’apparaît, avec la paroisse Saint Etienne, la forme Venres, qui évolue en Vendres au XVIe (1571).

Temple de Vénus ou Villa

Photo du dessin de F.Mouret représentant le site en 1628
Les ruines de Temple de Vénus, près de Vendres, en 1628. Reproduction de l’illustration fournie par F. Mouret, elle-même reproduction photographique inséré dans le manuscrit d’Anne Rulman conservé à la Bibliothèque Nationale.


Un demi-siècle plus tard, vers 1620, l’idée d’un temple dédié à Vénus apparaît avec les premières fouilles de la villa qui devient dès lors l’emblème mythique de l’histoire du village.

Photo d'une vue générale de la villa temple de vénus
Vue générale de la Villa Temple de Vénus

La villa romaine, appelée « Temple de Vénus », a préservé au fil des siècles son promontoire, Elle tire son nom des seuls vestiges visibles d’un vaste domaine désormais enfoui. À ce carrefour stratégique de circulation maritime et terrestre, dans une région densément peuplée autour de l’étang, la villa remplace au Ier siècle de notre ère une ferme établie au début de la présence romaine, au début du Ier siècle avant J.-C. À l’apogée de la Rome antique, les rives de l’étang, ponctuées de mouillages, sont bordées de villas situées sur le rebord du plateau ou parfois au bord de l’eau, surplombant un paysage typiquement méditerranéen.

Dans un environnement de garrigue, vignes, vergers et céréales s’alignent de manière ordonnée, tandis que prés et pâturages s’étendent jusqu’aux rives sablonneuses.

Image d'une vue aérienne du site Villa Temple de Vénus

À une centaine de mètres des vestiges, des prospections ainsi que des images aériennes et satellitaires ont révélé, près du rivage et le long du tracé partiellement conservé de l’aqueduc, le cœur enfouit du domaine : la maison du maître, les cours, les bâtiments d’exploitation et les logements des travailleurs. S’étendant sur plus d’un hectare, le plan permet de deviner l’étendue et les espaces de vie qui ont livré un matériel typique.

L’ensemble s’est considérablement agrandi avec la construction de luxueux thermes au sommet du promontoire, accessibles par des jardins à portiques ouverts sur la mer et la lagune, ornés de statues et de bassins.

Un riche domaine rural

Vue aérienne de la villa temple de vénus en 3D

La villa se trouve au centre d’un riche domaine rural, qui s’étendait jusqu’à 200 hectares, rivalisant avec les plus vastes connus dans la région.

L’espace cultivé est structuré par la géométrie cadastrale des champs et chemins, dont les traces subsistent encore.

Dans les années 80, la villa participe à la grande expansion économique du Biterrois, profitant du boom viticole qui a probablement financé les grands travaux des nouveaux thermes. Aux côtés des céréales, oliviers et fruitiers, la vigne domine avec les crus biterrois, exportés jusqu’à Rome, incluant des cépages célèbres, ancêtres de la clairette, des pinots, merlots et petit verdot. La pêche et l’exploitation des coquillages, notamment les huîtres prisées, contribuent au prestige de ce « Port de Vénus » célébré par le poète Ausone au IVe siècle.

Un parcours ludique

Le site du temple de Vénus fait maintenant partie intégrante d’un parcours ludique autour du village où sont mêlés faune, flore et vestiges romains.

Cette réhabilitation a été pensée pour faire découvrir un site archéologique accessible grâce à un parcours balisé et cohérent en toute sécurité. De plus, le site offre une vue sur l’étang et le village de Vendres.